jeudi 28 avril 2011
Café ARGANA
L'explosion à Marrakech est un "acte terroriste", selon le gouvernement
Selon la télévision publique marocaine, au moins 15 personnes ont péri dans l'explosion survenue à la mi-journée sur la place Jemaâ el-Fna, à Marrakech. "Il s'agit d'un acte terroriste", a déclaré le porte-parole du gouvernement marocain à l'AFP.
Une forte explosion a eu lieu, ce jeudi, en milieu de journée, dans un café-restaurant de la place Jemâa el-Fna, l'une des principales attractions de la vieille ville de Marrakech. Au moins 15 personnes ont trouvé la mort, selon la télévision publique marocaine 2M, qui cite des sources médicales. Dix étrangers dont six Français figurent parmi les victimes. Plusieurs dizaines d'autres ont été blessés au moment du drame.
"On sortait des souks de Marrakech et on se dirigeait vers la place Jemaâ el-Fna quand on a entendu une énorme explosion", témoigne Joséphine, une touriste française qui se trouvait avec des proches non loin du café lors de l’explosion. "Une colonne de fumée grise s’échappait vers le ciel. On s’est alors rapproché du restaurant au milieu de la foule paniquée, et on a vu que le premier étage était complètement détruit", poursuit-elle, apparemment sous le choc, joint au téléphone par FRANCE 24.
L'explosion a détruit la façade du café et dispersé les tables et les chaises de la terrasse aux abords de l'établissement. Un important dispositif policier a aussitôt été mis en place pour évacuer les victimes et tenir les badauds à distance. L'établissement concerné, le café-restaurant Argana, est un lieu très fréquenté par la clientèle touristique tout au long de l'année.
La piste kamikaze
"Il s'agit d'un acte terroriste, un acte criminel délibéré", a déclaré dans la soirée Khalid Naciri, porte-parole du gouvernement. Selon lui, "le Maroc est confronté aux mêmes menaces qu'en mai 2003 et il y fera face avec la diligence et volontarisme".
À l’heure actuelle, les autorités prennent au sérieux l'hypothèse d'un acte kamikaze, a indiqué un responsable de la préfecture de la ville. "Selon les informations que j'ai, il pourrait s'agir d'un acte perpétré par un kamikaze", a déclaré ce responsable. "Nous avons trouvé des clous dans l'un des corps", a-t-il indiqué, suggérant que la bombe était composée d'explosifs et de morceaux d'acier.
Selon un témoin présent dans la café Argana cité par l'AFP, "un individu est rentré au café. Il a commandé un jus d'orange et quelques minutes plus tard, il s'est fait exploser". Mais des radios locales marocaines, qui citent un autre témoin, donnent une autre version des faits : l'auteur de l'attentat aurait déposé une valise et aurait quitté immédiatement le café, ce qui n'accrédite pas la thèse de l'attentat perpétré par un kamikaze.
Il s'agirait des violences les plus meurtrières au Maroc depuis les attentats de Casablanca menés par des extrémistes islamistes, le 16 mai 2003. 45 personnes, dont 12 kamikazes, avaient alors péri. L'économie du royaume d'Afrique du Nord, qui compte 32 millions d'habitants, dépend étroitement du tourisme.
La "consternation" de l'Élysée
Dans un communiqué publié dans la soirée, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a condamné "avec la plus grande fermeté cet acte odieux, cruel et lâche qui a fait de très nombreuses victimes parmi lesquelles des Français".
Le parquet de Paris a par ailleurs ouvert une enquête préliminaire de police, procédure habituelle pour un attentat à l'étranger quand des Français sont touchés. La procédure a été confiée à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (SDAT) et à la Direction centrale du renseignement intérieur. Pour le moment, les autorités françaises dénombrent deux à sept Français parmi les personnes mortellement touchées et sept à 20 blessés.
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